VALIDATION DES ACQUIS DE L'EXPÉRIENCE: 70% DE RÉUSSITE |
par André THOMAS
La validation des acquis de l'expérience (VAE), après un an de fonctionnement, a permis à 38 candidats de faire valoir leurs compétences.
Au cours de l'année 2004 le jury national a examiné 55 dossiers pour le secteur commerce, dont 43 pour le service pont (pour les brevets patron de petite navigation, chef de quart de navigation côtière et patron de navigation côtière), 12 pour le service machine (pour le brevet de mécanicien 750 kW).
Les décisions prises par le jury national sont les suivantes. Pour les titres pont: 3 dossiers en validation totale, 24 en validation partielle, 3 pour un autre titre supérieur et 13 n'ont reçu aucune validation. Pour les titres machine: 6 dossiers en validation totale, 2 en validation partielle, 4 n'ont reçu aucune validation. Le taux de validations obtenues est de 69,10 %. Dans le cas des validations partielles, les candidats sont invités à suivre des cours complémentaires ou à effectuer un temps de navigation supplémentaire.
La VAE ne permet pas à des marins qui ne possèdent pas de titre de commandement d'en obtenir un. Concrètement, un matelot ne peut accéder au brevet de petite navigation. En revanche, à partir de ce premier brevet, les professionnels possédant une certaine expérience peuvent accéder au chef de quart de navigation côtière, voire au patron de navigation côtière. On compte en outre plusieurs cas de marins ayant navigué à la plaisance professionnelle non détenteur de brevet qui régularisent leur situation.
Parmi les évolutions qui seront apportées à l'avenir, la DAMGM a pris plusieurs décisions: prise en compte des temps de navigation sur des navires étrangers; allégement du dossier de demande de VAE de 60 à 20 pages; accélération de la périodicité des réunions du jury.
En revanche "afin de maintenir l'équité de traitement des dossiers au plan national", le jury restera national et il n'y aura pas de déconcentration des jurys de VAE. La DAMGM considère en effet que la VAE doit " garantir la qualité des brevets et la sécurité qui en découle " et ne pas devenir une opération de "blanchiment des dérogations".
À partir de cette année, la VAE permettra d'accéder à des brevets supplémentaires: capitaine 3000 pour le pont et chef mécanicien 7 500 kW pour la machine. Le diplôme de mécanicien de 750 kW sera également délivré, pour les personnes qui pourront ainsi, sous réserve d'un temps de navigation complémentaire, obtenir ensuite le brevet équivalent (lire également page 27).
André THOMAS Dossier formation, le Marin du 22 avril 2005
|
PLAISANCE VOILE: UN NOUVEAU BREVET
|
Le PPV, que possèdent nombre de marins travaillant à la plaisance professionnelle, n'est pas conforme aux exigences de STCW 95, notamment en formation machine, sécurité, médicale, et radio. À partir d'octobre 2005, il ne sera plus délivré. La validité des PPV détenus par des marins en exercice ne durera plus, à dater de ce moment, que 3 ans. Les titulaires de PPV devront, pendant ce temps, obtenir un nouveau brevet, le capitaine 200 voile. En formation initiale, le cours comprend les trois mêmes modules communs que le capacitaire ou le capitaine 200 (module 1, 2 et 3), avec un module voile supplémentaire (le module 5). En formation continue, pour les titulaires d'un PPV, il conviendra de suivre des cours adaptés en machine, formation médicale,
sécurité et d'obtenir un certificat d'opérateur radio (certificat restreint d'opérateur pour la navigation en zone Al SMDSM à moins de 20 milles des côtes métropolitaines, ou certificat générale d'opérateur pour la haute mer).
|
LE CIN "CLASSIQUE" FAIT DE LA RESISTANCE
|
Par Philippe URVOIS
Créé en 1992, le Certificat d'initiation nautique (CIN) permettait de répondre aux besoins urgents de main d'oeuvre. Mais cette formation de huit semaines, ouverte à des jeunes adultes sans grande qualification, a, au fil du temps, évolué de manière peu satisfaisante.
En dépit d'une très forte évaporation pendant ou peu après cette formation, quasiment la moitié des marins entre dans la profession par cette porte étroite, alors que le CAP ou le BEP
sont normalement les titres minimum exigés pour embarquer.
Plutôt conçu comme une soupape de sécurité, le CIN a donc eu tendance à devenir une norme. Une norme plus ou moins au rabais puisque ce n'est pas un brevet. Une norme qui justifie aussi le maintien de certaines dérogations, l'inscription a posteriori au CIN permettant fréquemment d'embarquer sans aucune qualification...
D'où l'idée de compléter la formule. Le CIN par alternance a été mis en place dans le cadre des contrats de qualification maritime, remplacés depuis peu par les contrats de professionnalisation maritime. La formation dure six mois au lieu de deux, sur la base d'une semaine à terre pour trois semaines en mer. "L'intérêt de l'alternance est de permettre au jeune de se rendre compte s'il est fait pour le métier ou pas", explique-t-on à la DAMGM. Après une formation à la sécurité et une "marée découverte", le stagiaire est embauché par le patron qui complétera en mer sa formation.
Quatre écoles étaient, en 2003, candidates pour expérimenter la formule: Boulogne, Cherbourg, La Rochelle et Sète.
Seules les deux premières ont finalement poursuivi l'expérience. Elle a débouché sur l'embauche de sept élèves sur douze candidats à Boulogne et sur celle de trois à Cherbourg (douze candidats également). "C'est un bon résultat. Les patrons qui ont embauché ces jeunes sont satisfaits mais le bilan reste modeste", reconnaît-on à la DAMGM.
D'autant que, parallèlement, la formule classique du CIN s'est maintenue et fait toujours recette. Il faut même souvent passer par une liste d'attente avant de s'y inscrire, notamment dans les Dom. L'administration, qui souhaite convaincre les patrons pêcheurs de l'intérêt de ce CIN plus musclé, veut aujourd'hui poursuivre l'expérience.
Philippe URVOIS Dossier formation, le Marin du 22 avril 2005
|
CAPITAINE DE YACHT: VRAI MÉTIER, VRAIS BREVETS
|
La création d'une filière de formation et de brevets propres à la grande plaisance est l'une des innovations à venir. Cette nouvelle filière est traitée dans le décret en préparation, qui réformera celui du 25 mai 1999 surlestitres deformation. La filière prévoira la délivrance de cinq brevets : capitaine yacht 200, chef de quart yacht, capitaine yacht 500, capitaine yacht 3 000, chef mécanicien yacht 3 000.
La préparation à ces brevets se fera dans le cadre d'une formation avec un
tronc commun important avec ceux des filières pêche et commerce. Un dispositif, construit en accord avec les degrés de la convention STCW 95, qui devrait en outre permettre de mieux structurer un univers en développement, qui emploie de nombreux marins à titre professionnel, sans que tous soient clairement inscrits à l'Enim. Le premier brevet, le capitaine yacht 200 couvrira notamment les activités "charter pêche ". Là encore, une clarification bienvenue dans cette activité économique.
|