Le
LYCÉE HÔTELIER ESCOFFIER de Cagnes sur Mer lance une
formation "option plaisance" en partenariat avec le GEPY.
Dominique DUBOIS
Quelques membres du Gepy ne comprennent
pas bien notre action qui leur semble sans résultats, nous ne
faisons
pour eux que nous réunir pour boire un verre au restaurant La
Mer, dans un brouhaha de retrouvailles maritimes.
Il est vrai que depuis que le yacht club d’Antibes nous fait l’honneur
de nous recevoir, nos réunions sont plus
constructives et qu’avec un micro , la qualité des communications
s’est nettement améliorée pendant nos réunions.
Nous travaillons principalement avec l’administration française
et chacun doit pouvoir mesurer la lourdeur
administrative et le temps nécessaire à la moindre réforme
dans un secteur où il faut en plus remettre en cause des
idées reçues, réformer, et créer de toutes
pièces ce nouveau métier qu’est la grande plaisance.
Nous avons réussi en
quelques mois à modifier les appellations de nos diplômes,
qui deviennent de ce fait beaucoup plus lisibles sur le plan
international, et plus valorisantes sur le plan professionnel , il y
a peu de temps encore cela aurait pris des années ou
aurait été tout simplement impossible.
Le Gepy a le mérite
d’exister, enfin, et d’être à ce jour la première
association
française d’équipages professionnels du yachting.
C’est grâce au dévouement et à la compétence
de quelques
bénévoles qui oeuvrent depuis des années. Leur
compétence, leur disponibilité, leur patience ont payé,
cela mérite
toute notre considération.
Les Français ont perdu une grande part du marché de la
grande plaisance, il est vrai que les diplômes étaient
inexistants ou inaccessibles, que la Marine Marchande Française
n’a pas vraiment facilité l’accès à
ses écoles.
Il est vrai aussi que la formation modulaire n’existe toujours
pas. C’est pourtant la solution qui permettrait à des
marins navigants de se former en continuant d’exercer leur métier.
Mais on ne peut expliquer seulement par des raisons pratiques ou administratives
la perte d’une si large part de
marché contrôlée majoritairement aujourd’hui
par les Britanniques.
Il est temps que les marins et tous les acteurs de la grande plaisance
française prennent conscience de la
spécificité de ce métier qui est essentiellement
basée sur le service et l’hôtellerie haut de gamme.
On ne peut prétendre créer une filière grande plaisance
ou une formation maritime sans prendre en compte cet élément essentiel du métier qui n’a rien
à voir avec les métiers traditionnels de la mer comme
la pêche, la navigation
commerciale, ou le transport de passagers .
L’état d’esprit du marin traditionnel français
s’accommode mal des contraintes qu’impose un service d’hôtellerie
flottante cinq étoiles, et c’est peut être sur ce
point de l’état d’esprit, que les Britanniques, motivés
par le Sud de la
France et son soleil, ont su faire la différence .
Pendant que
nous tirions des bords sur nos voiliers entre l’Europe et
les Caraïbes les Britanniques,il y a déjà de nombreuses
années, inventaient ce métier, mettant de côté
l’aspect
passionnel pour se concentrer sur l’essentiel : le professionnel.
Nous avons en France une excellente réputation sur le plan de
la cuisine, de l’hôtellerie et du service , et nos lycées
hôteliers forment du personnel chaque année. L’idée
de constituer une partie de nos équipages par le biais des écoles hôtelières intervient au moment où
une formation hôtelière avec option plaisance vient d’être
mise en place au
lycée hôtelier Escoffier de Cagnes sur Mer.
Ce lycée
prépare des élèves qui reçoivent en plus
de leurs cours
d’hôtellerie classique, une formation de base à la
sécurité maritime STCW 95 et des cours d’anglais
renforcés .
Le Gepy, bien sûr, a été très intéressé
par cette initiative et nous avons accepté d’organiser
en partenariat avec le
lycée Escoffier des stages de cuisine et de service, à
bord des navires AZURE RHAPSODY, ELEMENT, et
BERMIE, ces navires représentant un éventail assez large,
et représentatif de la plaisance en taille comme en niveau
de prestations.
Les repas servis à bord ont été
de grande qualité et entièrement financés par l’école,
le niveau des élèves s’est révélé excellent
et leur profil conforme à ce que nous attendions, et nous sommes
très confiants quantà leur embauche avant la saison 2004 .
Nous avons également reçu
en stage de formation deux stewardess de cette école pour le salon du GSM et du MIPIM et là encore les
élèves se sont montrés irréprochables de
part leur maturité,
leur présentation, la qualité de leur travail et de leur
service.
Parallèlement, quelques initiatives similaires démarrent
en France : Cherbourg, une enquête est en cours pour la
création d’une formation "hôtesse / steward"
de grande et moyenne plaisance, et L’IMPG toujours à Cherbourg
a
pour vocation de former les jeunes Capitaines aux relations publiques,
à la gestion, au commercial, et à la langue
anglaise .
Une réunion de travail a eu lieu à Cagnes sur mer le vendredi
26 mars en présence de représentants du rectorat,
de professeurs et coordinateurs du lycée Escoffier, de Dominique
Dubois Capitaine, et de Corinne Gonzales chef
Stewardess tous deux membres du Gepy.
En faisant le point sur les résultats
de cette nouvelle formation, les
participants se sont attachés à démontrer la réalité
du marché de la Grande plaisance et la nécessité
de reconduire
l’enseignement pour l’année prochaine.
Une dynamique est en route, et nous devons veiller à ce que ce
métier naissant parte dans la bonne direction.
Une chose est sûre: c’est parce que le GEPY existe que la
communication reste possible entre tous les acteurs de la
plaisance. C’est grâce à l’association que
nous pouvons espérer changer des mentalités et véritablement
expliquer
ce que sont la moyenne et la grande plaisance, en abattant les vieux
clichés de rêve, de plaisirs et d’aventures qui lui
sont associés .
Ce métier apporte d’immenses satisfactions aux équipages
professionnels sur le plan de la connaissance humaine.
Apprendre à écouter, à servir, est une leçon
d’humilité qui vaut bien des batailles océanes et
l’on ne rentre pas dans
cette profession en pensant à sa propre satisfaction mais à
celle des autres. Cette prise de conscience est aussi
indispensable à notre avenir que la normalisation de nos diplômes.
Dominique Dubois. |